16/09/2004

La méthode AMDEC pour analyser les risques

Je vais revenir un instant sur la sortie de piste qui toucha la Dallara n°6 pilotée par Patrick Pearce.  Son proto a violemment heurté les rails de protection après la fin du raidillon.  Jusque là rien de spécial, me direz-vous.

Je vais en profiter pour vous sensibiliser à une méthode d’analyse presque infaillible et que je pratique couramment.  Il s’agit de voir des situations sous l’angle de l’ « Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur Criticité » (AMDEC, pour les connaisseurs).

Le malchanceux Pearce qui était "sonné" a dû être extrait de son cockpit tout en étant complètement immobilisé. 

Si l’écurie avait pratiqué la méthode AMDEC, Pearce s’en serait très certainement (vous allez le voir) sorti sans problème à la tête.

1ère question : mais pourquoi ?????

Réponse : parce qu'il y a eu sortie de route.  Mais encore… Quel est le mode de défaillance qui, si on avait effectué l’analyse AMDEC avant l’accident aurait été « potentiel », a causé le traumatisme au pilote ?

Je me suis aperçu que plusieurs protos avaient des protections insuffisantes au niveau du cockpit. (comme j’ai également annoncé après analyse AMDEC, que certains nouveaux aménagements du circuit étaient très dangereux – chicane et speaker corner !!! tiens donc !!!).  Mais à l’ISF (ou la FIA), ils ont autre chose à faire que de m’écouter !

Le deuxième principe est de trouver les effets possibles de la défaillance.  Ici, c’est clair : c’est le traumatisme crânien.

Troisième principe : cela devient intéressant de connaître les causes.  C’est évident : c’est un manque de protection intérieur de la cellule de sécurité.

Et finalement, c’est de passer à l’action en estimant s’il est utile de remédier à la défaillance (est-ce utile de renforcer la sécurité, en a-t-on les moyens?).

(J’essaie de rester schématique)

En résumé : si la voiture de Pearce avait eu un cockpit équipé d’un collier de protection (et du système hans) visant à empêcher la tête de se tordre à gauche et à droite et d’avant en arrière, il s’en serait sorti avec une grosse frayeur et non une commotion ou des douleurs aux vertèbres (heureusement, il a échappé au pire).

A mon avis, outre la Dallara (LMP1) d’autres protos (LMP2) connaissent également un manque de sécurité cockpit par insuffisance ou absence de collier de protection : les Pillbeam et Lola B2K.

La preuve en images.  J’attribue les meilleures cotes de protection aux Courage, Zytek, Audi, MG Lola, Nasamax, Pescarolo. 

Cotation Moyenne et à améliorer : Lucchini XV.  Mauvais : Pillbeam et Lola. 

Très Mauvais car inexistant : Dallara LMP.

Et si vous voulez une formation en AMDEC, vous pouvez compter sur moi !

La méthode AMDEC est la plus appropriée pour l’analyse des sports moteurs.
Et si vous avez tout compris et que vous vous dites que vous réfléchissez déjà de la sorte, c'est que vous êtes réceptifs à cette méthode très efficace, et qu'une formation pourrait encore venir renforcer.
(Photo: pas besoin de vous dire où se trouve Patrick Pearce!)

18:12 Écrit par Captain Paddock | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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